RÉSILIENCE - INNOCENCE IN DANGER (SUISSE)
58
page-template,page-template-full_width,page-template-full_width-php,page,page-id-58,qode-quick-links-1.0,ajax_updown_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode_grid_1200,qode-theme-ver-11.2,qode-theme-bridge,wpb-js-composer js-comp-ver-5.2.1,vc_responsive

NOS ACTIONS

RÉSILIENCE

QU’EST-CE QUE LA RÉSILIENCE ?

A l’origine, la résilience est la capacité d’un métal à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale après avoir été déformé. En psychologie, on appelle « résilience » la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité.

Le concept a été découvert en 1982 par Emmy Werner[i], psychologue américaine qui a suivi à Hawaï 700 enfants sans famille, sans école, vivant dans la rue et victimes d’agressions physiques ou sexuelles. Trente ans plus tard, la plupart d’entre eux étaient devenus des adultes détruits tandis que 28% avaient réussi à apprendre un métier, fonder une famille, et ne souffraient pas de troubles psychiques majeurs. Elle en conclut qu’il existe, chez les enfants, une capacité particulière à surmonter les traumatismes de la vie pour s’en sortir, et appela les enfants « résilients » ceux qui avaient fait appel à ces capacités. [i] Werner, E.E & Smith R.S, Vulnerable but invicible : a longitudinal study of resilient children and youth, New York,  McGraw Hill, 1982

LES SÉJOURS DE RÉSILIENCE D’INNOCENCE EN DANGER

Les origines

L’histoire des séjours de résilience au sein d’Innocence en Danger commence en 2002, lorsqu’une maman dont la fille avait été brutalement violée s’adresse à Homayra Sellier, fondatrice du mouvement Innocence en Danger, pour lui demander de l’aide afin de faire sortir la jeune fille du mutisme dans lequel elle avait sombré.

Sachant que la jeune fille aimait les chevaux, Madame Sellier invite l’enfant à passer quelques jours dans un centre équestre. La jeune fille, au contact des animaux, surmontera son traumatisme. Par la suite elle entamera un suivi thérapeutique et finalement trouvera la force de témoigner contre ses agresseurs devant la cour pénale.

L’évolution des séjours

Depuis 2002, Innocence en Danger initie des séjours de résilience pour les mineurs dont les dossiers sont suivis par l’organisation suite à des révélations de viols, inceste, attouchements et violences, en leur offrant des séjours basés principalement sur l’art thérapie et proposant des activités artistiques, sportives, culturelles…

Ce sont des professionnels, art-thérapeutes, psychologues, pédopsychiatres, médecins et artistes qui accompagnent les enfants et encadrent les ateliers, riches en activités stimulantes et variées, culturelles, artistiques et sportives.

L’art thérapie

Les ateliers proposés sont créatifs et à visée thérapeutique : équithérapie, sculpture, montage de films, sortie en forêt, peinture, cours de cuisine, trekking, escalade, rafting, natation, théâtre, ateliers de photographie, peinture, calligraphie, découverte de la nature, musique, danse, tai-chi et yoga.

« Peindre pour prendre conscience de ses contradictions, danser pour dédramatiser ses blessures… La création artistique permet avec l’art thérapie d’accéder à des sentiments enfouis »[i] – Stéphanie Torre [i] Torre, Stéphanie, http://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies/Therapies-breves/Articles-et-Dossiers/L-art-therapie

Ce sont de nouveaux horizons ouverts aux enfants victimes de maltraitances et de violences sexuelles. Dans un cadre idyllique, ces enfants qui ont vécu de graves traumatismes physiques, émotionnels et psychologiques entament la reconstruction de leur personnalité.

« L’art thérapie est une stratégie de détour, une ruse qui permet de contourner les souffrances, se servir de la création artistique pour pénétrer les problématiques inconscientes de l’individu et de le conduire à une transformation positive de lui-même, le but est de partir de ses douleurs, de ses violences… pour en faire le matériau d’un cheminement personnel. Du pire naît ainsi une construction, une production artistique qui tend vers l’écoute. »[i] – Dr Jean Klein [i] Dr Klein, Jean Pierre, L’Art-thérapie, Puf, collection Que sais-je, 1997

Au cours des ateliers, qui ont une durée d’une à deux semaines, des liens se tissent entre enfants confrontés aux mêmes difficultés, autour d’objectifs personnels ou communs à leur groupe. Par la réalisation de ces objectifs de façon personnelle ou collective, ils reprennent peu à peu le chemin de la foi en eux-mêmes, en l’autre, en l’avenir. Les relations sécurisantes entretenues avec le parent protecteur sont fondamentales pour l’enfant, c’est la raison pour laquelle ce dernier est également invité à participer au séjour résilience.

Les séjours de résilience d’Innocence en danger s’effectuent selon deux axes :

  • Un axe individuel, qui concerne les capacités propres à chaque enfant, son potentiel (rarement pris en considération dans notre société).
  • Un axe relationnel, qui concerne les liens que l’enfant met en place avec le groupe.

CRÉER C’EST APPRENDRE A SE CONNAITRE

Mis en contact avec une autre partie d’eux-mêmes, découvrant ou approfondissant leurs talents, les enfants reprennent progressivement confiance en eux et en l’adulte.

Leurs sourires, mots, dessins, participations enjouées, malgré les longues années de procédure judiciaire, d’évaluations d’experts, de blessures, d’angoisse et d’incertitude, témoignent de tout leur courage.

L’équipe présente est le témoin privilégié et heureux de ces moments de purs joie et bonheur que nous tissons ensemble. Ces moments agissent comme des coussins, comme des toiles invisibles faites de joie et d’espoir et seront des socles sur lesquels ils pourront se reposer pour une meilleure exploration d’eux-mêmes, de leurs capacités, talents, passions et potentiels.

In fine, ils développeront une énergie plus puissante, un goût et un amour pour la vie.

« Le goût de vivre n’est pas héréditaire. Mais nous pouvons tous le transmettre à nos enfants par les voies de l’amour et l’apprentissage de l’attention »[i]– Jean-Paul Dubois [i] Dubois, J.P, Une vie française, SEUIL, 2005

Experts, pédopsychiatres et psychologues sont unanimes sur le fait que cet amour, ce goût pour la vie apparaît à travers l’apprentissage des capacités à expérimenter le bonheur. Les séjours d’Innocence en Danger s’adressent au résilient, au potentiel de vie qui réside dans chacun même quand des incidents de la vie ont brisé une innocence et ont agi comme un tremblement de terre sur les croyances de l’enfant, sa confiance, son amour…

Les enfants apprennent également à développer de l’empathie, définie par le neurobiologiste Pr Jean Decety comme « la capacité de ressentir une émotion appropriée en réponse à celle exprimée par autrui, d’effectuer une distinction entre soi et l’autre et de réguler ses propres réponses émotionnelles ».[i] [i] http://www.leblogdesrapportshumains.fr/quest-ce-que-lempathie/, 2013

(C’est le manque d’empathie qui permettrait de faire du mal, de tuer, et d’abuser les autres sans se sentir mal ou coupable, trait de caractère des prédateurs).

Ils apprennent à vivre avec des gens d’origines, de religions, de cultures ou traditions différentes ; leur monde, leur esprit et leur cœur sont plus ouverts.

Mais au-dessus de tout, ils apprennent à avoir de l’espoir. Nous recréons une dynamique de famille sécurisante et constructive dans laquelle ils intègrent qu’ils ne restent pas victime à vie. Ils partent du séjour avec le goût de la joie et de l’amour. Grâce aux projets réalisés, la confiance se récupère peu à peu. La découverte et le développement de leurs talents deviennent leur force.

A travers les sourires, les mots, les dessins, les signes, ils nous prouvent tout le courage qu’ils ont malgré de longues années de procédure judiciaire, d’évaluations d’experts, de blessures, d’angoisse et d’incertitude.

Nous savons que les enfants qui ont eu la chance d’avoir été écoutés, qui sont respectés dans leurs droits, leur intégrité et leur dignité, peuvent surmonter le traumatisme qu’ils ont vécu derrière eux et aller de l’avant.

En plus de la découverte de talents qui ont permis à beaucoup d’entre eux de faire carrière et la restauration d’une confiance brisée, ces séjours leur donnent la force dont ils ont besoin pour affronter un procès. Ils ne sont plus seuls sur la longue route des procédures judiciaires et médicales. Et bien sûr, ces enfants sont suivis tout au long de l’année.

Innocence en Danger est la voix des enfants. Des enfants qui sont l’espoir et les promesses de demain, ceux qui vont diriger nos entreprises, nos pays et nos frontières. Notre but est de leur ouvrir les chemins du possible.

Nos séjours existent actuellement en Suisse, Allemagne, Autriche, Colombie et aux Etats-Unis.

[1] Werner, E.E & Smith R.S, Vulnerable but invicible : a longitudinal study of resilient children and youth, New York,  McGraw Hill, 1982

[1] Torre, Stéphanie, http://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies/Therapies-breves/Articles-et-Dossiers/L-art-therapie

[1] Dr Klein, Jean Pierre, L’Art-thérapie, Puf, collection Que sais-je, 1997

[1] Bohler, Sébastien, « Pourquoi la pédophilie est un crime ». http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-pourquoi-la-pedophilie-est-un-crime-20695.php


[1] Dubois, J.P, Une vie française, SEUIL, 2005

[1] http://www.leblogdesrapportshumains.fr/quest-ce-que-lempathie/, 2013

LES RÉSULTATS

Toutes les études montrent qu’un enfant peut s’en sortir s’il dispose de tuteurs de développement autour de lui.

À ce jour, les témoignages émanant des enfants eux-mêmes et de leurs parents, croisés avec les observations des experts sollicités par l’association, font état d’une évolution favorable pour les enfants.

En 2013, une étude scientifique menée à l’Université de Koblenz a mesuré d’une manière plus approfondie l’impact des séjours de résilience d’Innocence en Danger.

Ces résultats font état de l’amélioration de l’enfant et ce dans la durée.

Au-delà des séjours de résilience, rappelons qu’Innocence en Danger accompagne et suit chaque enfant et sa famille au quotidien. L’association les épaule dans leurs démarches juridiques, médicales et psychologiques.  L’objectif étant de créer les conditions favorables à la reconstruction post-traumatique des enfants victimes.

Selon Sébastien Bohler, docteur en neurobiologie : « La chose la plus importante à retenir à propos des traumatismes de l’enfance […] est que, dans un environnement sûr et favorable dans lequel les besoins fondamentaux de l’enfant (sécurité physique et sécurité affective) sont satisfaits, les dégâts que causent les traumatismes et les abus peuvent être atténués et allégés.»[i]  Les enfants qui participent aux séjours résilience plusieurs années de suite comprennent peu à peu que l’on ne reste pas victime toute sa vie. Des relations sûres et fiables sont également une composante essentielle dans la guérison des effets des traumatismes, de l’enfance à l’âge adulte, et créent un environnement dans lequel le cerveau peut en toute sécurité commencer le processus de guérison. 

[i] Bohler, Sébastien, « Pourquoi la pédophilie est un crime ». http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-pourquoi-la-pedophilie-est-un-crime-20695.php